Origine et histoire du Château du Castellas
Le Château du Castellas de Forcalqueiret, situé sur une crête rocheuse à 410 mètres d'altitude, est un vestige médiéval dominant la vallée de l'Issole. Ses origines remontent au XIe siècle, période où le castrum de Forcalqueiret est mentionné pour la première fois en 1025. Le site, d’une superficie d’environ 500 m2, est isolé par un fossé taillé dans la roche, et ses ruines incluent des traces de murs maçonnés, des éboulis, ainsi que des fragments de tuf, de chaux et de tuiles rondes, suggérant une occupation continue jusqu’au XVIe siècle.
Au Moyen Âge, les terres de Forcalqueiret appartenaient aux vicomtes de Marseille, qui les cédèrent à l’abbaye de Saint-Victor. Le fief, reconstitué au XIIIe siècle par Geoffroy Reforciat, passa ensuite à la famille d’Agoult, qui donna au Castellas son aspect quasi définitif, probablement au XVe siècle. Le château fut plus tard transmis aux familles de Montauban et de Garde de Vins, dont Hubert de Vins, chef de la Ligue en Provence, fut une figure marquante avant d’être tué en 1589. Le site, partiellement démoli pour récupérer des matériaux, conserve des traces d’un possible édifice religieux, comme en témoignent les morceaux de tuf, matériau utilisé jusqu’au XIIIe siècle pour les voûtes et les arcs.
Le Castellas fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1966. Son histoire est liée à celle de la seigneurie de Forcalqueiret, qui devint un marquisat au XVIIIe siècle sous Louis Sauveur de Villeneuve, ambassadeur et conseiller d’État. Les vestiges actuels, jonchés d’éboulis et de céramiques, évoquent une occupation intense suivie d’un déclin progressif, marqué par la récupération des pierres. La proximité de la rivière Issole, où se trouvait autrefois la cellam Sancti Victoris de Causalo (mentionnée en 1113 et 1135), renforce l’hypothèse d’une occupation religieuse précoce sur le site.
Architecturalement, le Castellas illustre les techniques de construction médiévales en Provence, avec des murs en pierre locale et des aménagements défensifs adaptés au relief. Son abandon progressif reflète les transformations politiques et sociales de la région, notamment la fin des conflits féodaux et l’évolution des besoins stratégiques. Aujourd’hui, les ruines offrent un panorama sur la vallée et rappellent l’importance historique de Forcalqueiret, village marqué par son passé seigneurial et ses liens avec les grandes familles provençales.
La démolition partielle du château, suggérée par la traînée d’éboulis, indique une récupération systématique des matériaux, pratique courante à partir de la Renaissance. Les fouilles et études ultérieures ont révélé des artefacts datant de l’Âge du fer, confirmant une occupation ancienne du site. Le Castellas reste un symbole du patrimoine médiéval provençal, témoignant des dynamiques politiques et architecturales qui ont façonné la région entre le XIe et le XVIe siècle.